Assemblée Générale Régionale 2016
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Amicale Nationale des Retraités de l'Audiovisuel
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Jeudi 8 novembre : SALAMANQUE

Réveil très matinal pour un départ du bus à 7h00. Il est vrai que le but de notre excursion du jour se trouve à 130 kilomètres en Espagne.

A notre arrivée au centre de l’historique cité de Castille et Léon peu après 10h00, nos premières découvertes sont deux statues, celle d’une vendeuse de nougat le long des halles sur la place du marché et celle d’une autre célébrité locale mais aussi de superbes jambons de porcs ibériques suspendus au plafond d’une charcuterie sur une autre place en face de l’église Saint Martin.  

Centre de la Cité, la Plaza Mayor, construite par Philippe V entre 1729 et 1755, est une des plus belles places monumentales du pays à l’instar de son homologue de Madrid. Le rez-de-chaussée est formé de quatre galeries aux arcades en plein cintre décorées de médaillons représentant des rois ou des personnages illustres. Une élégante galerie court au-dessus des trois étages.

Sur les côtés Nord et Est, on remarque les frontons de l’hôtel de ville et le pavillon royal qui porte le buste de Philippe V.

La Rua Mayor nous mène à la Clerecia, le collège des jésuites, majestueux et impressionnant par ses dimensions, édifié à partir de 1617. Ses tours baroques furent achevées en 1755 par Andrès Garcia de Quinones.

En face, la Casa de las Conchas (Maison des Coquilles), datant du 15ème siècle, adoucit la sévérité de ses murs par un semis d’environ 400 coquilles Saint-Jacques et une rangée de fenêtres isabélines. En bas, les baies sont closes par de somptueuses grilles de fer forgé.  

A l’intérieur, le patio aux délicates arcades s’orne de balustrades ajourées, de têtes de lions et de blasons. Puis nos pas nous mènent vers l’Université fondée par Alphonse IX de Léon en 1218.

Le Patio de las Escuelas est entourée des monuments les plus caractéristiques du plateresque salmantin. D’un côté, le secrétariat général de l’Université de Salamanque entoure la statue de bronze de Fray Luis de Leon, moine augustin qui y a enseigné la théologie bien qu’il ait été emprisonné durant cinq ans dans les geôles de l’Inquisition en raison de son intérêt pour la Bible Hébraïque. 

En face, la double porte en anse de panier du somptueux portail de 1534 est surmontée de trois étages dont le relief s’accentue progressivement pour compenser l’éloignement. De bas en haut figurent les rois catholiques dans un médaillon, des têtes humaines dans des coquilles, le pape et ses cardinaux avec, de part et d’autre, Vénus et Hercule alternant avec les Vertus.

Le motif le plus célèbre est la tête de mort surmontée d’une grenouille, symbolisant le péché de luxure puni après la mort. La tradition veut que quiconque arrivant à la découvrir est assuré de revenir ici un jour. 

A l’intérieur du bâtiment, le patio sert de déambulatoire donnant sur les salles de cours.

A côté d’une salle de cours moderne, celle où Fray Luis de Léon enseignait a conservé son mobilier du 16ème siècle : la chaire du professeur avec son abat-voix et les bancs grossièrement équarris, un luxe à cette époque où les étudiants étaient généralement assis par terre. La grande salle où avaient lieu les cérémonies officielles est orné de tapisseries de Bruxelles.

La chapelle aujourd’hui désacralisée a recueilli les cendres de Fray Luis.

Les décors des plafonds sont magnifiques notamment la voûte en étoile de l’escalier d’honneur.

Sa rampe mène à l’étage qui a également conservé un riche plafond à caissons garni de stalactites. La bibliothèque du 18ème siècle recèle 40 000 volumes du 16è au 18è S., des incunables et des manuscrits précieux dont certains du 11ème siècle. 

La Catedral Nueva (Nouvelle Cathédrale) dont la construction débuta en 1513, a fait l’objet d’adjonctions jusqu’au 18è s., d’où la variété de style gothique, Renaissance et baroque. S’apparentant à un retable, le décor gothique du portail de la façade Ouest comporte différentes scènes dont la Crucifixion.

Le portail Nord est orné d’un bas-relief montrant l’entrée de Jésus à Jérusalem. Lors de sa restauration en 1992, les sculpteurs  y ont placé un cosmonaute, image très insolite dans un édifice vieux de plusieurs siècles.

L’intérieur frappe par la richesse de ses voûtes, la finesse des corniches, l’élancement des piliers. Les huit fenêtres de la tour-lanterne sont rehaussées d’un tambour avec des scènes polychromes décrivant la vie de la Vierge.

On remarque également les stalles du « coro » ainsi que ses deux orgues, l’un d’un baroque chargé, l’autre de style plateresque de 1558. 

Bel exemple de cathédrale romane malgré sa voûte d’ogives, la Catedral vieja (Ancienne cathédrale), à laquelle la Nouvelle est accolée, a été élevée au 12è s. à l’initiative de Raymond de Bourgogne, époux de Dona Urraca de Castille. Le retable de l’abside centrale, peint en 1445, comporte 53 compartiments aux couleurs étonnamment fraîches sous un Jugement dernier dont le fond bleu foncé rehausse l’éclat du Christ ressuscité.

Dans le transept droit, des enfeus sont dotés de gisants et de fresques du 13è s. d’influence française. 

Après le déjeuner, nos pas nous mènent au sud-ouest de la ville vers le pont romain construit à l’époque de l’empereur Trajan (53 à 117 ap. J.C.). Long de 356m, il compte 26 arches de pierre en arc en plein cintre dont les 15 plus proches de la ville datent de la construction primitive. Faisant partie de la Via de la Plata (la Voie de l’Argent) qui reliait Merida à Astorga, il permettait de franchir le Tormes, affluent espagnol du Douro long de 284 km prenant sa source dans la province d’Avila.

La Casa Lis tient son nom de Miguel de Lis qui la fit construire à la fin du 19è s. sur l’ancienne muraille de la ville. Fondé en 1995, le musée d’art nouveau et art déco est consacré aux arts décoratifs des dernières décennies du 19è s. à la Seconde Guerre mondiale. Il contient également l’une des collections de poupées de porcelaine les plus importantes au monde.

Le Convento de San Esteban (couvent dominicain Saint Etienne), édifice des 16è et 17è s., est caractérisé par la coexistence des styles gothique et Renaissance. La façade plateresque, commencée en 1524 et achevée en 1610, est une véritable tapisserie en pierre divisée en trois niveaux abrités sous un arc énorme orné de fleurs. Le premier encadre la porte d’entrée, sur le deuxième on voit la lapidation de Saint Etienne, un calvaire occupe toute la partie centrale du troisième.  

A droite de la façade, le portique du couvent, datant de 1599, comporte dix arcs d’inspiration toscane. Le second étage correspond à l’ancienne bibliothèque.

Le Cloître des Rois a été achevé en 1544. Les arcs Renaissance se marient avec des motifs plateresques. Les grands piliers sont ornés de médaillons de prophètes et, aux quatre coins, des scènes très mutilées représentent la vie du Seigneur. 

Le Panthéon des théologiens est le cimetière où reposent les théologiens dominicains les plus célèbres de l’Université de Salamanque : François de Vitoria, Dominique de Soto, Medina, Mancio de Corpus Christi, …

La Salle Capitulaire, commencée en 1627 et achevée en 1634, où le chapitre du couvent se réunissait jusqu’en 1835, offre une ressemblance avec la sacristie.

L’Escalier de Soto a été bâti entre 1553 et 1556 par le Frère Martin de Santiago alors que Dominique de Soto était prieur du couvent.  

L’Eglise, en croix latine à une seule nef, dont la construction a débuté en 1524, est l’œuvre de Jean d’Alava qui dressa également les plans de la Nouvelle Cathédrale de Salamanque. Ses dimensions sont impressionnantes : 84 m de long, 15,50 m de large et 27 m de haut dans la nef, 45 m dans le transept. Le retable du maître-autel, œuvre de Joseph Churriguera achevée en 1693, vise à magnifier l’Eucharistie.

La tribune s’appuie sur un arc surbaissé très hardi, surmonté d’une lourde balustrade de pierre. Les 118 stalles, dues à Alphonse Balbas, sont surmontées d’une fresque d’A. Palomino représentant l’Eglise en triomphe, aidée de l’Ordre des Frères Prêcheurs ou Dominicains.

Domino Jubilemus

jubilation clôturant une longue mais superbe journée.