Assemblée Générale Régionale 2016
Assemblée Générale Régionale 2016
Amicale Nationale des Retraités de l'Audiovisuel
Amicale Nationale des Retraitésde l'Audiovisuel

Notre section Alsace 2

Robert TRIMBACH

nous a quittés le 25 décembre 2018 à 84 ans

Robert est unanimement reconnu comme un très grand professionnel, le meilleur technicien de sa spécialité, un véritable expert dans son domaine d’activité.

Il a débuté sa carrière en 1955 au sein de notre radio régionale à l’époque où ses studios étaient installés à la Villa Greiner à Strasbourg qui abrite aujourd’hui le musée Tomy Ungerer.

Durant son service militaire effectué entre 1958 et 1960 en Algérie, Robert a d’abord passé ses 4 mois de classes à Maison Carrée dans la banlieue d’Alger puis a été affecté à Colomb-Béchar. Là, ses compétences techniques lui ont valu d’être chargé de la maintenance des émetteurs radio Ondes Moyennes.

A son retour à Strasbourg en 1960, il a repris son poste de technicien à la radio qui occupait depuis peu l’immeuble tout neuf de la place de Bordeaux.

En 1965, il a rejoint le service des faisceaux hertziens assurant, au sein de la direction régionale de l’ORTF, la maintenance de ces équipements très spécialisés installés dans les émetteurs de Nordheim, Mulhouse, Wissembourg et à la tour du Dabo. 

En 1975, Robert a pris la responsabilité de l’équipe des Liaisons Hertziennes de Strasbourg rattachée au groupe des transmissions de la direction régionale Est de Télédiffusion de France nouvellement créée à Nancy.

Il a notamment assuré la mise en place des systèmes de télécommande des émetteurs, en particulier à Wissembourg qui a été un des premiers centres intercalaires intégralement télécommandés sur le plan national.

Adjoint du chef de la Circonscription du Bas-Rhin de TDF Est de 1984 à 1991, les grandes qualités de Robert ont conduit les responsables de TDF à le nommer, à cette date, responsable de la maintenance et de l’exploitation de la régie de diffusion de la nouvelle chaîne franco-allemande ARTE, mise en service à Strasbourg dans les locaux de FR3 Alsace.

A ce poste très délicat, Robert a fait la preuve durant cinq ans jusqu’à son départ en retraite en 1996, de sa très grande compétence et en particulier de sa parfaite maîtrise des techniques numériques largement utilisées dans cette régie.

Nouveau retraité, Robert a mis tout son talent et sa disponibilité au service du canal local d’Erstein. Parallèlement, il a été très actif dans nos instances de retraités de l’Audiovisuel aussi bien au plan régional comme trésorier de la Commission ad-hoc du CI-ORTF que national comme vérificateur aux comptes de notre Amicale. Tant que son état de santé le lui a permis, Robert a participé à toutes nos réunions et activités. 

Robert avait encore tenu à être des nôtres le 22 novembre dernier à l’occasion de notre repas de fin d’année.

Aussi, même si nous étions conscients de ses difficultés physiques, son départ brutal nous a tous bouleversés.

 

A DIEU, Robert nous ne t’oublierons pas.

 

 

 

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Nicolas ANTONY

nous a quittés le 23 décembre 2018 à 88 ans

Entré à la RTF en 1954, Tony, comme l’appelaient amicalement tous ses collègues, a participé activement aux débuts de notre télévision régionale.

Collègue compétent, d’un calme olympien, toujours serviable et d’humeur égale, il était, de ce fait, unanimement apprécié.  

« Photo de famille » à l’exposition des 50 ans de TV régionale en 2004

 

Deux des messages reçus après l’annonce de son décès en témoignent :

D’abord celui d’Alfred Elter :

« Ça m'a foutu un sale coup le soir du 24 en apprenant le décès de Tony.

Que dire, c'est simple et compliqué à la fois !

COMPLIQUÉ :

Je ne suis jamais arrivé à m'engueuler avec Tony pendant toute ma carrière professionnelle.

SIMPLE :

Tony était un excellent preneur de son.

Tony était le roi de la maintenance

Tony rendait souvent service à ses collègues

bref :

"LANGSAM SICH DUMMLE !" (se presser lentement) telle était certainement la devise de Tony. Jamais pressé mais toujours dans les temps.

Christian HAHN et Germain MULLER

 

Puis celui de Christian Hahn qui a tenu à rappeler que Tony était preneur de son sur le tournage de « Enfin, redde m’r mimm devun », le chef d’œuvre de Germain Muller, enregistré pour la télévision par Alfred Elter en 1974, qui fut le premier contact de Christian avec la télé régionale.

« Les différents décors étaient installés au Studio 2. Tony avait suspendu une forêt de micros au-dessus du plateau et les replaçait en fonction de la mise en scène, dès que la scène était répétée et les déplacements fixés.

Il était d’un contact très facile et d’un accès sans détours. Son calme et sa bonhommie bienveillante en toutes circonstances ont largement rassuré le jeune homme de 17 ans que j’étais alors. » 

De telles anecdotes, on pourrait en citer à l’infini, à propos de Tony car en plus de trente ans de carrière, il a participé à des milliers d’émissions en direct ou enregistrées, des variétés, des dramatiques, des magazines, des débats en tous genres sans oublier le journal télévisé régional sans oublier Carmen qui lui a valu un voyage lointain jusqu’en Chine en 1982.

Nicolas ANTONY et Jean GUY

 

Quant à moi, j’ai connu Nicolas en février 1962 à mon arrivée à Strasbourg tout jeune technicien frais émoulu de mon stage théorique parisien et sans aucune expérience pratique. C’est Tony avec Charles Quiros et Jean Guy qui m’ont inculqué les rudiments de la prise de son. Je n’ai pas oublié les 20 mois que j’ai passés à ses cotés à l’époque.

La retraite étant venue en 1988, Tony a adhéré à notre Amicale et participé à nos activités jusqu’à ce que les ennuis de santé l’en empêchent progressivement mais il lui est néanmoins demeuré fidèle.

 

A Dieu Tony, nous ne t’oublierons pas.

 

 

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André LEIBEL

nous a quittés le 5 octobre 2018

 « C’était un bon copain », ces mots, que nous faisons tous nôtres, m’ont été dits spontanément par Hugues Churlet, le président d’honneur de notre Amicale Nationale des Retraités de l’Audiovisuel, lorsque je lui ai annoncé le décès de notre ami André.

Tous les deux se sont connus il y a plus de 60 ans au Centre de Télévision RTF de la rue Lauth à Strasbourg où André est entré sur concours le 12 avril 1955 après avoir débuté sa carrière professionnelle dans le privé comme électricien. 

André a donc fait partie de ces pionniers des débuts de notre télévision régionale auxquels il a participé comme technicien au télécinéma. 

Bernard Kurt, John Baumeister et André au Baggersee en 1957

 

Dès cette période, André a milité au sein du SUT, le Syndicat Unifié des Techniciens, créé pour assurer la défense des intérêts du personnel. En effet, la RTF quittait la Fonction Publique et ses agents avaient le choix de rester fonctionnaires ou d’opter pour le nouveau statut des personnels, décision importante qui n’était évidemment pas sans conséquences.   

 

En 1961, une vacance de poste a permis à André, désireux d'évoluer au niveau technique, de rejoindre le centre émetteur de télévision de Mulhouse comme technicien d'exploitation.

Très apprécié tant par ses supérieurs que par ses collègues, André a participé activement, durant 35 ans, à l’importante évolution technique des équipements aussi bien des émetteurs, que des réémetteurs et antennes communautaires.

En 1975, il a vécu l’éclatement de l’ORTF en sept sociétés, lui-même étant affecté à TDF, TéléDiffusion de France, tout en continuant à œuvrer à Mulhouse comme Chef de Brigade technique avec professionnalisme et enthousiasme jusqu'à son départ en retraite en 1995.

S’employant constamment à créer et entretenir la convivialité entre collègues, André était apprécié unanimement pour sa générosité et ses talents d'organisateur « tous azimuts » (chacun se souvient notamment de ses fameux méchouis).

Dans le même temps, André participait activement aux compétitions de tir et de ski dans le cadre de l’ASORTF.

André aimait la nature, les promenades avec sa famille dans la forêt autour de l'émetteur du Reeberg, les balades dans les Vosges avec ses amis. Il s'intéressait également à la mécanique en général et aux automobiles en particulier, tout en étant un grand adepte de vélo. 

Dans les moments difficiles, André possédait l’art de positiver les choses en les relativisant, en y ajoutant surtout, en toutes circonstances, un brin de dérision et beaucoup d'humour.

Continuant sur la même lancée durant sa retraite, André a consacré une grande partie de ses loisirs, à titre bénévole, aux service des autres, balisant des sentiers pour le Club Vosgien, animant, en compagnie de Christiane, « Les Galopins », une association de retraités marcheurs dans leur ville de Riedisheim ou encore en s’y adonnant à sa passion pour la photo et le montage vidéo avec les seniors de l’EHPAD.

Adhérent fidèle de notre amicale des retraités de l’Audiovisuel, André a participé aussi longtemps qu’il l’a pu, à nos sorties et repas.

Hospitalisé pendant trois mois, André était revenu à son domicile, il y a dix jours, en assez bonne forme.

Hélas, vendredi dernier, il a été terrassé brutalement parmi les siens par une crise cardiaque qui a plongé Christiane, ses quatre enfants et petits-enfants dans le désarroi et une grande peine.

 

Peine que nous éprouvons tous.   A Dieu André.

 

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Lucie WISSER

nous a quittés le 8 septembre 2018 à 94 ans

 

Toujours élégante, souriante et d’une bonne humeur légendaire, notre amie Lucie aimait la vie qui ne lui avait pourtant pas épargné les épreuves à commencer par une déportation politique subie durant la période noire 39-45, puis le décès prématuré de son époux.

Dès l’immédiat après-guerre, Lucie a connu les débuts du Service de la Redevance qui était installé, à l’époque, à l’ESCA rue des Pontonniers à Strasbourg. Avec ses amies de toujours, Germaine Lehnberg et Honorée Bodot, elle allait déjeuner à la cantine de l’Hôtel de la Poste, où elle retrouvait Paulette Schaal et d’autres collègues de la RTF venus des studios et bureaux de la radio logée à la villa Greiner, juste en face, avenue de la Marseillaise.

Par la suite, Lucie a accompagné, en 1956, le déménagement du Service dans le bâtiment tout neuf en lisière de la place de Bordeaux puis, vécu, en 1975, son rattachement au Trésor Public après l’éclatement de l’ORTF.

Lucie avait sa philosophie personnelle, très particulière, de l'Administration dont beaucoup pourraient s'inspirer ! Une note de service qui étonnait le personnel et, hop, d'une pirouette, elle déclenchait le rire. Cela faisait passer la pilule et on s'adaptait.  Pleins d'autres moments succulents passés avec elle, ont permis à ses collègues de la Redevance d'oublier l'aspect rude de leur Administration !

 

Lucie s’est également occupée des Anciens Combattants. Joseph Bettle se souvient que, grâce à son intervention, il a pu obtenir très rapidement sa carte à son retour de service militaire en Algérie où il servait dans une unité combattante.

 

Lucie adorait les voyages et, en particulier, ne manquait aucun de ceux organisés par le Comité d’entreprise. Lors d’un déplacement à Londres, s’étant glissée dans la guérite du « Guard » en faction devant Buckingham Palace, Maïthé Haxaire se souvient que Lucie, venue la rejoindre, lui a crié en alsacien : « Liesbettel, gougou ! Do esch’s Lucie von Strossbori ». 

Ayant adhéré très tôt à notre Amicale de retraités, Lucie ne manquait aucune de nos sorties. De plus, elle assistait à toutes les réunions de bureau et a tenu à continuer même après le décès de Germaine Lehnberg et lorsque sa propre santé a commencé à décliner, simplement l’un de nous allait la chercher en voiture à son domicile, rue Geiler. 

En reconnaissance de cette fidélité, Lucie est devenue, en 2015, membre d’honneur de notre Amicale sur décision de l’Assemblée Générale. 

A partir de 2017, ses participations se sont espacées pour cesser définitivement en janvier de cette année où elle a été hospitalisée suite à une mauvaise chute. Après l’hôpital civil, Lucie a rejoint la Clinique du Ried puis celle de l’Ill à Schiltigheim où elle a rendu son dernier soupir ce samedi 8 septembre trois heures à peine après ma dernière visite amicale.

 

A DIEU Lucie tu resteras toujours notre amie

 

 

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Jean-Pierre FRITZ

nous a quittés le 26 août 2018

Jean-Pierre a d’abord travaillé chez plusieurs antennistes et, en dernier lieu, chez Est-Antennes. C’est là qu’il a connu Alain et Eric Krugell. Sur le conseil d’Eric, il a postulé à un emploi au sein de l’ORTF où il a été recruté comme éclairagiste en 1971. Minutieux et serviable, Jean-Pierre a été immédiatement et unanimement apprécié pour ses qualités humaines et professionnelles. Durant la trentaine d’années d’activité passée au service de notre station régionale d’abord à l’ORTF puis à FR3, il a connu les multiples évolutions de la télévision et s’y est parfaitement adapté.

Exerçant son métier aussi bien en studio qu’en extérieur, en film ou en vidéo, en équipe légère ou avec le car vidéo mobile, Jean-Pierre s’est toujours montré disponible et efficace. Nommé chef éclairagiste, son travail l’a amené à sillonner très largement notre région du Nord au Sud et d’Est en Ouest. 

Des reportages aux sujets les plus divers l’ont également conduit à franchir souvent le Rhin ou la ligne bleue des Vosges et lui ont fait connaître aussi des pays plus lointains comme, entre autres, la Pologne ou le Danemark où Jean-Pierre n’a évidemment pas manqué d’aller saluer la célèbre petite sirène dans le port de Copenhague. 

Jean-Pierre, maître es-éclairage, possédait également d’autres cordes à son arc, comme on dit. Tout d’abord, son amour de la bonne chère qui le rendait parfois très critique quant à la qualité des repas servis dans certains restaurants où les équipes allaient déjeuner lors des tournages en extérieurs. 

Mais, mettant sa passion en pratique, Jean-Pierre profitait de ses loisirs pour confectionner les savoureux plats qu’il faisait ensuite déguster à ses proches et notamment ceux qu’il cuisinait spécialement à l’avance lorsqu’il partait skier durant une semaine dans les Alpes avec Alain Krugell. Pour ce faire, il tenait à utiliser les produits de son jardin qu’il entretenait avec le plus grand soin.

Jean-Pierre aimait aussi aller pêcher le dimanche en compagnie Eric Krugell et disputer d’interminables parties de skat avec ses deux amis.

Parti en retraite le 1er janvier 2004 après 33 ans d’activité au service de notre télévision régionale, la retraite n’a nullement été synonyme d’inactivité pour Jean-Pierre que Christiane aime surnommer affectueusement son MacGyver.

Comme ce héros de série télévisée, Jean-Pierre avait un sens aigu de la débrouille et de l'emploi du système D. Dépanner une automobile ne lui posait aucun problème. De même, passer des heures pour démonter et remonter patiemment une montre ne l’effrayait pas.

Du travail, Jean-Pierre allait en avoir à Obermodern dans la maison où la famille s’est installée en avril 2004.

Cette perspective l’avait amené à décliner, dans un premier temps, l’offre de faire partie du club 3ème âge du village. Ayant finalement accepté de s’y rendre une première fois en apprenant que l’activité se limiterait à un après-midi par mois, Christiane et lui avaient eu la surprise heureuse d’être accueillis par les applaudissements de toutes les personnes présentes.

 

C’est là qu’ils ont fait la connaissance de Gérard, Hilda, Jean-Claude et Dorette qui sont devenus leurs amis fidèles.

Dix ans plus tard, quand Jean-Pierre a enfin trouvé le temps d’adhérer à notre Amicale des Retraités de l’Audiovisuel, il les a convaincus de prendre part régulièrement à nos sorties d’abord en qualité d’invités puis de devenir à leur tour membres à part entière.

Tous les 6 ont été des participants assidus jusqu’au jour où la maladie a obligé Jean-Pierre à déclarer forfait certaines fois. Néanmoins, il s’est accroché tant qu’il a pu tenant encore à être parmi nous en mars dernier pour notre traditionnel déjeuner au lycée hôtelier d’Illkirch.

Mais le terrible mal a continué de progresser inexorablement, avec son lot de douleurs, jusqu’à ce dimanche matin où Jean-Pierre nous a quittés enfin délivré de ses souffrances un petit sourire aux lèvres.

Adieu Jean-Pierre, ton souvenir restera en nous.

 

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Marie-Thérèse ABONNEAU

nous a quittés le 14 août 2018 dans sa 84ème année

Née à ALEP en Syrie, Marie-Thérèse est venue s’installer à Kehl avec ses parents en 1946. C’est là qu’elle a connu Michel ABONNEAU qui allait devenir son mari quelques années plus tard. Résidant à l’Esplanade à Strasbourg, le couple a eu cinq enfants : Philippe, Jean-François, Anne-Catherine, Véronique et Geneviève qui travaille à France 3 Alsace.

N’ayant pu réaliser son rêve de devenir assistante sociale en raison de la conjoncture d’après-guerre, Marie-Thérèse a effectué toute sa carrière professionnelle au Centre de Chèques Postaux de Strasbourg.

 

Après son départ en retraite et celui de Michel, elle l’a accompagné régulièrement aux sorties de notre Amicale puis, au décès de son époux en 2004, en est devenue elle-même membre. Depuis, Marie-Thérèse participait assidument à nos activités tant régionales que nationales. Elle a encore tenu à passer une soirée avec nous à Obernai en avril dernier pour revoir tous ses nombreux amis. Elle savait que ce serait sans doute la dernière fois.

En effet, une tumeur au cerveau (non opérable) lui a été diagnostiquée en 2017. Marie-Thérèse s’est battue contre ce mal, mais les traitements l’ont fatiguée, des pertes de mémoire ont atteint son moral et, ces dernières semaines, elle n’aspirait plus qu’à « partir ». C’est ce qu’elle a fait paisiblement le 14 août dernier entourée de tous ses enfants et de plusieurs de ses dix petits-enfants.

 

A DIEU Marie-Thérèse, ton souvenir restera gravé dans nos cœurs

 

Marie-Thérèse ABONNEAU-SCHMITT par Hugues CHURLET

 

         J’ai connu Marie-Thérèse SCHMITT à l’école primaire de Keehl en 1946. (Note : à l’époque, tout un quartier de cette ville située sur le côté allemand du Rhin était rattaché à Strasbourg pour loger des familles françaises, situation qui perdura jusqu’en 1953). Marie-Thérèse avait 12 ans et moi 13. Je connaissais beaucoup mieux son frère jumeau François, qui était avec moi chez les scouts, mais aussi Michel ABONNEAU qui deviendra plus tard son époux, ce dont elle ne se doutait pas encore.

         De ces années, il me revient quelques souvenirs, car nous étions jeunes et insouciants. Ce fut une époque bénie pour nous, car nous nous contentions de vivre le temps présent.

         Lorsque nous fûmes en âge d’aller au lycée, nous étions obligés de nous rendre à Strasbourg. Ce fut la grande époque de la bicyclette. Nous allions moi au lycée Kléber, et Marie-Thérèse au lycée de jeunes filles rue des Pontonniers. Nous avalions nos 40 kilomètres par jour sans effort. Cela nous faisait un entraînement sportif extraordinaire et quotidien. Nous étions tous les jours une bande de copains et copines de Kehl à enfourcher la bicyclette, à discuter le coup et, parfois, à faire quelques bêtises.

         Nous profitions de notre bonne forme physique pour entreprendre des balades à vélo partout et souvent dans les Vosges. Il nous arrivait d’effectuer l’aller et retour jusqu’à Gérardmer. Une fois au bord du lac, pour nous détendre, nous faisons un tour en pédalo. Cela nous faisait une course de 200 km à bicyclette dans la journée avec la double escalade, une fois dans chaque sens, du col de la Schlucht.

         Il nous arrivait aussi de faire des fêtes. Ainsi le 31 décembre des années 1950 et 1951, nous nous sommes réunis chez mes parents avec les copains et les copines pour célébrer le passage à l’an nouveau. Même que le curé Jacob me disait : « Attention Hugues, tu vas recevoir chez toi des jeunes filles de la paroisse, soyez sérieux ! ». Ce que nous ne manquions pas d’être, car en tant que scouts et guides de France, nous avions des principes. 

         Cela me remet en mémoire qu’en 1946, j’ai renouvelé ma communion solennelle en même temps que Marie-Thérèse faisait la sienne. Nous avons suivi ensemble le catéchisme préparatoire à cette cérémonie.

         Tout ce vécu commun a permis, beaucoup plus tard, à Marie-Thérèse de raconter des histoires sur moi. Profitant d’une rencontre annuelle des anciens chefs de centre de l’ORTF, pour dire aux copains combien j’étais un garçon impossible quand j’étais jeune. Leur précisant qu’un de mes plus grands plaisirs était de tirer les cheveux aux petites filles. (Ce dont je ne me souviens plus du tout). Cela n’a pas manqué de faire rire mes copains à mes dépens. 

         Après avoir quitté Kehl en 1952, nous nous sommes revus moins souvent. Nous habitions dans les quartiers différents à Strasbourg et nos relations furent plus distantes.

         Jusqu’au jour où Michel Abonneau, rentrant du service militaire, vint me rendre visite à l’émetteur TV de Strasbourg, installé au sous-sol du centre de la rue Lauth, où j’exerçais la fonction de chef de brigade technique. Il me dit qu’il cherchait du travail. Connaissant ses antécédents, je lui ai conseillé de s’inscrire au concours de TR (technicien de radioélectricité). Il suivit mon conseil et il fut reçu brillamment.

         C’est ainsi que je l’ai retrouvé comme collègue de travail à Strasbourg et que j’ai retrouvé, par la même occasion Marie-Thérèse qui était devenue, entre temps, son épouse.

         Le monde est petit !

                                               Fait à Dijon, le 31 août 2018

 

IN MEMORIAM Michel ABONNEAU

Michel avec Emile BILLOT

 

Notre ami Michel ABONNEAU nous a quittés brutalement le 2 septembre 2004 dans sa maison familiale de Charente.

Ayant accepté, trois ans auparavant, de remplacer Martin Allheilig à la présidence de notre section alsacienne, il déploya, dans cette nouvelle responsabilité, la même énergie et le même cœur qu’auparavant lorsqu’il était chef de centre technique à France 3 Alsace. Nous savions tous pouvoir compter sur son dévouement, son sens de l’organisation, son aptitude à animer la vie du groupe. Ne ménageant jamais sa peine, il a consacré de nombreuses heures à préparer nos réunions de bureau et assemblées générales mais aussi à rédiger des courriers, tirer des photocopies, mettre sous enveloppe et toutes les autres tâches indispensables à la bonne information de tous.

 

Michel avec Charles QUIROS

 

Pendant de longs mois et de multiples longues soirées, il a assumé la charge énorme occasionnée par la mise sur pied des Rencontres Annuelles de notre Amicale offrant aux 220 participants 3 journées inoubliables dans notre région en mars 2004. Parallèlement, il a participé activement à la préparation de notre exposition consacrée au cinquantenaire des débuts de la télévision en Alsace. Rude travail, mais quelles réussites !

 

MERCI POUR TOUT, MICHEL, NOUS NE T’OUBLIONS PAS.

 

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Gérard SCHNEBELEN

notre fidèle et estimé trésorier

nous a quittés le 21 février 2018

 

Recruté en qualité d’huissier puis de vaguemestre, Gérard a été par la suite, jusqu’à l’éclatement de l’ORTF, chauffeur-assistant de l’un des deux camions de relais mobiles utilisés à l’époque pour la transmission des émissions en direct destinées à l’antenne régionale ou nationale.

Affecté à FR3 Alsace en 1975, Gérard a participé à de nombreux tournages de documentaires ou de fictions notamment « Hugues le Loup » dont certaines séquences ont été filmées au château du Haut-Koenigsbourg.

Mais, pour nous tous, Gérard a été et restera le « papa » du car vidéo mobile de la station régionale. Début 1987, il a accompagné Roger Pencreach pour constater l’état d'avancement des travaux de carrosserie du nouveau car vidéo, alors en fin de construction.

Ce « bijou », ce Car Régie d'exception est devenu « son Car »!

A son volant, Gérard a effectué des dizaines de milliers de kilomètres en sillonnant pratiquement toute l’Europe durant une douzaine d’années.

Il y a eu le cyclisme avec les nombreuses étapes du Tour de France et les grandes classiques comme Paris-Roubaix et autres, le tennis avec le tournoi de Roland-Garros à Paris, la Fed Cup et la Coupe Davis à Malmoë, l’athlétisme avec les championnats d’Europe et du monde à Stuttgart, Göteborg et Helsinki mais aussi tous les directs pour « Thalassa » ou « Des Racines et des ailes » et bien d’autres. On ne peut citer toutes les émissions ni tous les lieux où Gérard a conduit ton car.

 

Arrivé sur place après plusieurs heures de conduite, sa tâche n’était pas achevée, bien au contraire. Gérard participait activement à la prise de son, rapide et efficace dans l’installation du plateau, rigoureux dans la gestion des micros. Toujours là avant l’heure, s’inquiétant de tout ce dont il avait la charge, Gérard bénéficiait de la confiance totale de ses collègues, de ses supérieurs, également de celle des réalisateurs, journalistes et autres commentateurs.

Aussi personne n’a été surpris que Nelson Montfort, dont il était le chouchou, soit venu spécialement à Strasbourg en 1999 pour participer à ton pot de départ.

 

Quittant la grande famille de la télé à laquelle il était fier d’appartenir, Gérard a rejoint une autre famille : celle des retraités, en adhérant à notre Amicale.

Toujours disponible pour rendre service, il a accepté immédiatement de faire partie du bureau et de succéder dès décembre 2000 comme trésorier à Honorée Bodot, qui vient elle-même de nous quitter en décembre dernier à 93 ans.

Alors que rien ne te prédestinait à un rôle de comptable, Gérard a relevé le gant et a tenu nos comptes de façon parfaite pendant 17 ans recueillant, d’année en année, le satisfecit et les félicitations des réviseurs aux comptes. 

Ne se cantonnant pas à son rôle de trésorier, Gérard participait aussi assidument à nos activités comme cette exposition en 2004 pour marquer le cinquantenaire de notre télévision régionale.

Présent à toutes nos réunions, il participait systématiquement à nos sorties, accompagné chaque fois que possible de ton fidèle husky. 

Et puis la maladie est venue sournoisement. Dans un premier temps, Gérard nous en a parlé comme d’un simple épiphénomène sans réelle importance alors que nous constations son amaigrissement régulier.

Après octobre 2015, il a renoncé à être des nôtres pour les sorties, ne participant plus, en 2016 et 2017, qu’au déjeuner annuel au lycée hôtelier d’Illkirch après l’assemblée générale.

Gérard est néanmoins resté assidu à nos réunions mensuelles jusqu’à la fin de l’année dernière. Son état de santé s’étant terriblement dégradé, Gérard n’a pas pu venir nous rejoindre en janvier.

Par contre, il a tenu à clôturer les comptes de l’exercice 2017, allant jusqu’à devoir utiliser une loupe pour discerner correctement les chiffres sur l’écran de son ordinateur.

Hospitalisé à bout de forces, la sale maladie a eu le dernier mot, arrachant Gérard à l’affection des siens dans la matinée du 21 février 2018 à deux mois de son 78ème anniversaire.

 

A Dieu Gérard. Nous sommes heureux et fiers de t’avoir connu et ne t’oublierons pas.    

 

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Jean-Paul GUNSETT

Président d’honneur de l’ANRA Alsace

nous a quittés le 21 décembre 2017

à l’âge de 92 ans

 

Notre ami Jean-Paul GUNSETT, né en 1925 à Masevaux, la perle de la Doller blottie au pied du Ballon d’Alsace dans le Haut-Rhin, était l’un des derniers très grands anciens de notre radio-télévision régionale.

 

Ayant vécu le drame des Malgré-nous, Jean-Paul est entré sur concours en mai 1947 à Radio-Strasbourg après deux années d’études à l’Université de Strasbourg. Sa parfaite maîtrise du français, de l’allemand et du dialecte, confortée par deux années de Conservatoire, lui permit de réussir comme speaker bilingue et comédien.

 

Sa voix au timbre velouté, reconnaissable entre toutes, était aimée des Alsaciens, mais aussi des auditeurs des radios allemandes qui le sollicitaient régulièrement. Il aimait partager avec eux sa passion pour notre province, sa culture et son histoire.

 

Nommé responsable des programmes radio en 1976 quand radio et télévision étaient encore réunies sous la bannière de FR3 Alsace, Jean-Paul a exercé cette fonction, auprès du regretté Martin Allheilig, jusqu’à son départ en préretraite en 1983.

 

Durant toutes ces années, il a participé activement aux échanges avec les stations allemandes de l’ARD, tout en enseignant au CUEJ, le Centre de Journalisme de Strasbourg, et en écrivant de nombreux poèmes, textes, évocations et pièces radiophoniques dont une adaptation de « Il est minuit Docteur Schweitzer » de Gilbert Cesbron.

 

Dès 1954, Jean-Paul a participé, parallèlement à ses activités radiophoniques, à la création de notre télévision régionale en collaborant à ses magazines d’actualités à la fois en qualité de commentateur et de présentateur. Il a produit divers documentaires consacrés aussi bien à des personnalités d’Alsace qu’à ses lieux et traditions.

 

Je me souviens tout particulièrement du film qu’il a consacré en 1975 à Lina Ritter, poétesse et romancière sundgauvienne. Plus de trente après, Jean-Paul venait tout juste d’achever la traduction de l’alémanique de ses Haïkus alsaciens, traduction pour laquelle il a obtenu le prix Nathan Katz du patrimoine 2017.

 

Car notre ami Jean-Paul était aussi un homme d’écriture dont je vous invite à découvrir les textes poétiques dans les trois expressions linguistiques qu’il nous a livrés dans le très beau recueil « Toi mon arbre, Dü minner Boim ».

  

Jusque très récemment encore, Jean-Paul a continué de collaborer avec un enthousiasme « juvénile », sans cesse renouvelé, à de nombreuses publications, lectures publiques et manifestations culturelles dans ce Dreieckland, cette région du Rhin supérieur, où sa maîtrise linguistique et sa diction remarquable lui permettaient d’évoluer comme un poisson dans l’eau.

 

Comme tu vas nous manquer Jean-Paul !