Assemblée Générale Régionale 2016
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Amicale Nationale des Retraités de l'Audiovisuel
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Mercredi 19 juin 2019

Château de Bruchsal

Musée allemand des automates et boîtes à musique

(deutsches Musikautomaten Museum)

Le musée allemand des automates et boîtes à musique de Bruchsal présente, sur trois étages du château, une des plus grandes collections spécialisées du monde retraçant l’histoire de la musique mécanique et montrant son évolution du 17ème au 20ème Siècle depuis les premiers coucous musicaux jusqu’aux volumineux accordéons, tambours et cymbales.

Il compte plus de 500 pièces d’exposition, dont une centaine provient de la prestigieuse collection que Jens Carlson, ancien marchand de textiles né en 1941, a réunie au fil d’un demi-siècle de passion d’abord à Braunschweig puis dans son musée privé de Königslutter am Elm en Basse Saxe. 

La visite commence assez curieusement dans un bistrot déplacé ici en totalité avec son comptoir, ses tables et chaises et aussi son orgue mécanique installé dans une armoire, cédé au musée à cette condition expresse Une pièce de monnaie conditionne la mise en route de l’instrument dont le fonctionnement repose sur un gros cylindre amovible constellé sur sa circonférence de dents en métal. Sa rotation entraîne le contact de chacune d’elles avec une clef qui déclenche le son émis, selon le cas, par le piano, le tambour ou la grosse caisse. 

Le musée possède également le piano à queue mécanique ayant appartenu au chancelier Konrad Adenauer en personne. Les marteaux sont actionnés par la lecture d’un rouleau de papier défilant sur lequel les notes ont été reportées en traits d’inégales dimensions ensuite perforés. La bande glisse sur un maître-cylindre à air comportant lui-même un trou par note. Lorsqu'un trou du papier passe sur un trou du cylindre, l'air passe dans un circuit qui transmet la pression sur un marteau donné. Plus le trou du papier est allongé, plus la note dure longtemps. Ce piano requière toutefois une intervention humaine à l'aide d'un pédalier. 

Plus récent, un piano droit est équipé d'un dispositif de capteurs et de moteurs électriques sous chaque touche, commandés par un système électronique et une mémoire. Cela permet de jouer un morceau enregistré dans un format numérique, ou d'enregistrer le jeu du pianiste afin de le restituer plus tard.

Sa célébrité a valu à Tino Rossi de servir de modèle pour un robot musical appelé « Accordéon Boy ».  Ce groupe de deux automates représente un accordéoniste blanc et un percussionniste noir de petite taille surnommé « Petit Nègre ». La très petite série fabriquée par Gastaud et Raibaud à Nice fut vendue sous la marque « Pneuma Accordéon Jazz » par Bodson, facteur d’orgues parisien au prix d’achat de 8500 francs ou de location mensuelle de 350 francs.

Dans les années 1930, alors que la musique mécanique n’intéresse plus personne, René SEYBOLD (1913-1958), ingénieur constructeur fonde sa propre usine d’orchestrions à Strasbourg-Neudorf. Il met définitivement au point ce qui sera son chef d’œuvre, le Piano Accordéon Jazz. L’appareil joue aussi bien qu’un petit orchestre musette. L’accordéon compte neuf niveaux de nuance, le piano accompagnateur et les percussions sont également à jeu nuancé. 

Autre merveille, l’orchestrion « Gebrüder DECAP Antwerpen », entreprise, toujours existante, fondée par les trois fils d’Aloïs Decap, un marchand d’orgues anversois qui avait démarré en 1902 la construction de ses propres instruments. Remplaçant un orchestre complet, cet automate pouvait être loué et déplacé de salle en salle. 

L’arrivée du gramophone et du phonographe a constitué un tournant. Charles Pathé et son frère Emile, originaires d’Altkirch, fondèrent en 1896 la Société Pathé Frères qui produisit d’abord des appareils simples de lecture phonographique à cylindre, avant de se lancer dans celle du disque puis de devenir la grande entreprise de production cinématographe mondiale que l’on connaît.

Automates à musique, tableaux mécaniques, scènes animées sous globe, androïdes, clowns, oiseaux chanteurs et animaux mécanisés … La variété des thèmes représentés, la diversité des personnages, la richesse des savoir-faire nécessaires à leur fabrication font de ces objets des fenêtres ouvertes sur le rêve. On est impressionné par la justesse et la précision des moindres détails et gestes reproduisant parfaitement la réalité. 

Baptisée au nom du Maréchal Foch, la miniature du cuirassé, avec son pont de tôle en argent et ses cheminées en laiton, possède un mécanisme d’entraînement imitant le voyage en haute mer et une boîte à musique dont le répertoire des mélodies contient entre autres « La Marseillaise ».

Descendant de deux étages, on pénètre dans la « Schatzkammer », salle du trésor, où des pièces de luxe sont exposées derrière une paroi vitrée. Parmi elles, une horloge d’art avec un jeu de flûtes jouant des mélodies de danse populaires au milieu du 18ème siècle comme la marche, la gavotte, le menuet et la gavotte. Probablement acquise par le prince-évêque Franz Christoph von Hutten zu Stolzenberg, elle faisait partie des pièces d’ameublement du château de Bruchsal. 

Difficile de revenir à la réalité après tant de nourritures spirituelles. Pourtant, il est l’heure de passer aux nourritures terrestres.

Elles nous attendent à quelques dizaines de mètres au Gasthof « Zum Bären » avec un « Spargelessen », ce délicieux légume de saison cher à nombre de nos compatriotes.

Photos : Jean-Claude Durmeyer et Georges Traband